Roger Vanthournout

Depuis le début des années 60, Roger hébergeait chez lui quatre à six jeunes sans ressource. A cette époque de plein emploi, il n'avait pas de difficulté à les faire embaucher un peu à la fois, dans les entreprises du bâtiment de la région. Mais, la crise venant, ils ont été les premiers à perdre leur emploi.

 

Roger qui, fin des années 70, devait renoncer à son emploi de maçon pour des raisons de santé, décide de mettre toute son énergie au profit des jeunes qu'il héberge. Avec quelques amis, il lance, le 11 mai 1981, l'ASBL "Quelque Chose à Faire". Quelque Chose à Faire, parce qu'il n'y a pas de jeune, quel que soit son parcours, qui ne mérite une chance de travailler et de se former et que partout, des travaux utiles à la collectivité ou à des personnes aux faibles revenus n'attendent que des bras pour être réalisés.

 

Pendant plusieurs années, en-dehors de tout cadre juridique, l'expérience va prendre de l'ampleur. Ce sera bientôt 20 ou 30 jeunes qui viendront frapper, chaque année à la porte de l'ASBL. Le soutien viendra de nombreux bénévoles, anciens maçons comme lui, de donateurs discrets, des hommes politiques qui regardent avec intérêt. En 87, la Région Wallonne met en place le statut d'Entreprise d'Apprentissage Professionnel (EAP) pour encadrer des expériences semblables qui, de Tournai à Liège, ont éclos sur le terreau de l'exclusion et de la solidarité. Avec l'agréation, se sont les premiers subsides et des postes de travail subsidiés qui facilitent la vie de Quelque Chose à Faire et lui permettent d'aller de l'avant.

 

Le 28 juin 89, Quelque chose à Faire est frappé lourdement. Roger est assassiné par l'un des jeunes dont il s'occupait.

Le projet de vie et d'espérance ne s'arrête pourtant pas. C'est toute une équipe qui reprend le flambeau, pour l'épanouir en taille et en maturité dans "l'Entreprise de Formation par le Travail" qui poursuit, jour après jour, ce pari de confiance, de formation et de travail avec des adultes cassés par la vie et la société.

 

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